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Révision : tempête…Par Vincent METONNOU

Révision : tempête…Par Vincent METONNOU

Doit-on rester sur nos lauriers à présent?

La tempête révisionniste de la constitution semble relever désormais du passé. Le chef de l’Etat, Patrice Talon, soupconné de vouloir modifier la loi fondamentale à effet de briguer un troisième mandat, a martelé ces derniers jours qu’il n’est en rien intéressé par ce funeste et débile projet de troisième mandat. Le chef a parlé. Les Béninois, majoritairement réfractaires à toute révision opportuniste de la Loi fondamentale devraient mieux respirer, dormir sur leurs lauriers et faire de beaux rêves. Pourtant…

Chat échaudé craint l’eau froide

« En cinq ans, on peut faire le job et laisser la place à un autre…». Ces propos résonnent encore dans la tête de nombreux Béninois, eux, pas amnésiques.

Quand vint le moment de partir après le premier quinquennat achevé, des laudateurs du président de la République n’eurent aucune difficulté pour le persuader à briguer un second mandat. Il eut même des pseudo juristes qui ont argumenté que la Constitution de décembre 1990 n’avait pas prévu un mandat, mais deux.

Comme si la Constitution interdisait à un président de la République de se contenter d’un seul mandat si telles étaient sa volonté et sa conviction. Laissons ce débat du reste superflu.
Talon sollicite un second mandat. De bon droit.

Ce mandat prend fin en 2026. Il constitue le second,donc le dernier mandat de Talon.  » Nul ne peut faire plus de deux mandats de son vivant ». Le chef de l’Etat ne boude pas le plaisir de la paternité de cette disposition particulière de la constitution de 1990 modifiée.

Et cette disposition bloque la voie à toute envie de troisième mandat. Aucune discussion ne devrait donc plus emprunter ce sinueux chemin.
Seulement, certains esprits, sans doute dérangés, commencèrent par évoquer la possibilité d’un troisième mandat en faveur de l’actuel locataire du palais de la Marina.

Talon fut-il tenté par l’aventure ? On ne le saura peut être jamais. On retiendra au moins que pour l’heure, il n’est candidat à rien. .

Et si l’appétit venait…

Le chef de l’Etat dispose encore de deux ans. En vingt quatre mois, l’eau peut couler sous le pont. Avec beaucoup de paramètres inconnus. Et certains discours n’offrent pas la garantie formelle pourtant affichée par le chef de l’Etat lui même. Qu’est ce qui peut vraiment conduire à toucher à la Loi fondamentale de1990 à l’étape actuelle du processus électoral ?

On cherche, on cherche encore. Sans trouver le moindre motif pouvant justifier une autre forfaiture contre la constitution. Alors, ,Talon doit rester ferme par rapport à certains de ces lieutenants, pas encore rassasiés.

Site www.lafriqueenmarche.info du 27 janvier 2024 No 580

Bénédicte DEGBEY

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