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Révision : Talon-Yayi et les calculatrices Éditorial de Titus FOLLY

Révision : Talon-Yayi et les calculatrices Éditorial de Titus FOLLY

Le pouvoir Talon a décidé de réviser la Constitution. Pourquoi le régime de la « Rupture » s’embarque-t-il dans cette logique? Est-il conscient que ni par les suites numériques ni par les probabilités la détermination pourrait être une aventure ambiguë ? Dans l’exercice de L’Editorial du jour le sujet est toujours d’actualité.

A l’heure des changements climatiques, je dis comme le pape François : « Notre nature s’écroule.».Préservons-la donc.

A l’entame, je m’incline devant la mémoire monumentale de Paulin Hountondji qui vient de nous quitter.

C’est le président Soglo qui a favorisé notre amitié agissante. J’adulais sa pensée philosophique et il me retournait souvent, le reliquat pour l’exercice de mes éditos.

Qu’il console son épouse et ses proches. Que le Seigneur Miséricordieux l’accueille dans son Eucharistie Éternelle.

REVENONS AU SUJET DU JOUR

Le filet de l’oiseleur de la mouvance présidentielle peut-il apprivoiser des députés de l’opposition pour parvenir à ses fins de révision? Patrice Talon a-t-il les moyens de sa logique? Boni Yayi avec ses 28 députés pourra-t-il faire mordre la poussière à son adversaire résolu ?

Rappelons au passage la configuration du Parlement. Sur les 109 députés, 28 sont de l’opposition et 81 sont sous le pennon de la mouvance présidentielle.

Pour réviser, il y a des dispositions constitutionnelles intangibles. Ces dernières sont au nombre de deux. La première fait l’objet d’un vote au (3/4) et l’autre au (4/5).

Si le vote initiative prospère à la première étape, il faut (109×3/4), soit 81,75 députés ou 82 députés.

A l’étape des (4/5), (109×4/5), les dispositions constitutionnelles exigent 87,2 députés soit 88.

Dans les deux cas, le compte n’est pas bon pour la « Rupture » et ses cariatides. En effet, il faut dans le filet de l’oiseleur un député (dans le 1er cas), et sept (parlementaires dans l’autre).

COMPTES ET DÉCOMPTES

A priori, Patrice Talon, qu’on l’aime ou pas est un stratège de 1er format. Il sait mettre la laine (quand c’est nécessaire) aux antipodes pour confectionner les camisoles.

S’il a décidé de désarticuler les ressorts constitutionnels en cette veille de fin de mandat, il ne le fait pas à la hussarde pour s’arrimer à la routine.

Cependant, Patrice Talon pour parvenir à ses fins à besoin de Boni Yayi, son désormais alter dans les calculs politiques depuis 2012.

Pour cette révision, Boni Yayi a juré de jeter à profusion, les bougeons pestilentiels dans le berceau de son adversaire. C’était le 1er janvier 2024 à l’occasion de la présentation des voeux des femmes du parti « Les Démocrates ».« Il n’y aura pas de révision déguisée…», a-t-il laissé à la postérité.

Mieux, Boni Yayi avec ses 28 députés jure de répondre aux leçons déplacées de la comptabilité des réformes biaisées depuis 2016.

En politique, surtout sur l’échiquier du Bénin : « JAMAIS», n’existe pas. On peut critiquer l’adversaire, mais entretenir ses cortèges enthousiastes.

Avec ses 28 députés, Boni Yayi peut-il déjouer la révision ? Sous les tropiques de la politicaillerie béninoise, il y a trop de cerfs altérés qui brament près des courants d’eaux et dont l’âme soupire à la vue d’un ruisseau.

Attendons donc de voir l’expression d’adhésion ou pas de l’opposition pour torpiller ou pour porter en triomphe Patrice Talon et son plan de révision.

Site www.lafriqueenmarche.info du 5 février 2024 No 588

« La vie est belle. Et chaque jour est une vie. Prenons-la du bon côté et demain, il fera beau sur la grande route.».

Bénédicte DEGBEY

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