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Oignon/Commercialisation : Cherté, encore un coup au panier de la ménagère ( Lire le dossier du jour) 

Oignon/Commercialisation : Cherté, encore un coup au panier de la ménagère ( Lire le dossier du jour)
L’oignon est un condiment très important dans la préparation de certains mets. Il se prépare très facilement et entre dans la composition d’un grand nombre de plats aussi bien crus que cuits. Mais il coûte à des moments donnés, les yeux de la tête.
Nous sommes au marché de Mènontin. Il est 9h ce samedi. Le marché commence par s’animer. Comme, c’est le début du weekend, beaucoup de femmes viennent s’approvisionner tôt afin d’être à l’heure pour le déjeuner. Déjà plus de 15mn que Madame Tawo, agent commercial dans une entreprise privée échange avec une vendeuse de tomates et d’oignons.
Si elle n’a pas mis du temps à acheter les autres ingrédients, c’est le contraire quand il s’est agit de l’oignon. « Cela ne dépend pas de nous. C’est déjà au niveau des grossistes que le problème se pose. Nous vendons les produits en fonction du coût d’achat. Actuellement, il y a plus de 8 000 FCFA sur le sac habituel», se défend la vendeuse d’oignon.
Fatiguée de se mettre en spectacle et de vouloir que la vendeuse d’oignon diminue le prix, Madame Tawo a dû poursuivre son chemin. Mais très tôt, elle se rendra compte qu’en réalité, il y a une hausse du prix de l’oignon un peu partout dans le marché. Finalement, elle a pris une quarantaine d’oignons à 3500FCFA au lieu de 2000FCFA.
Phénomène cyclique
Dame Sessi, la quarantaine, totalise plus de 25 ans dans la commercialisation de l’oignon. Elle s’exprime : «  Je fais ce commerce depuis de plus de deux décennies. Je le tiens de ma tante, ma tutrice. C’est d’ailleurs à cause du commerce de l’oignon que j’ai dû écourter mes études. Je puis vous dire qu’il y a des périodes où l’oignon coûte extrêmement cher. Le sac de 22 000 F CFA coûte parfois 40 000 et plus ».
A en croire dame Sessi, la cherté de l’oignon est un phénomène cyclique qui se constate chaque année. Si certaines femmes se contentent d’utiliser beaucoup de tomates en cette période, d’autres se plient en quatre pour s’offrir l’oignon malgré sa cherté. « Je ne peux préparer un plat sans oignon. Soit je dois en écraser soit je dois en couper. Donc malgré la cherté, on essaie d’en prendre selon nos moyens », confie une restauratrice rencontrée au marché.
« L’augmentation du prix de l’oignon n’a rien de surprenant. Nous la vivons chaque année. Il faut dire que c’est la ‘’Rupture’’ qui sévit dans les poches qui fait que tout le monde se plaint sinon nous connaissons tous cette période où l’oignon est difficile à acquérir », se résigne une dame d’un certain âge qui a requis l’anonymat.
Trouver des palliatifs
Ainsi, l’oignon n’est pas disponible et à la portée de toutes les bourses à tout moment. Les femmes, les plus averties trouvent des palliatifs pour traverser la période où il est cher.
En effet, l’oignon n’est pas un produit fragile et peu stockable comme la tomate. Ce n’est pas un produit périssable, sensible à la météo et qui ne peu se conserver. Les femmes en prennent une bonne quantité et les sèchent régulièrement.
Des prix soumis à la loi de l’offre et de la demande. Chaque fruit et chaque légume présente son propre calendrier de production et de commercialisation appelé « campagne ».
Une campagne peut varier d’une année à une autre en fonction des aléas climatiques (avance ou retard de campagne). Etant donné les caractéristiques spécifiques de la plupart des fruits et légumes frais, leurs prix sont particulièrement impactés par la loi de l’offre (volume de produits disponibles) et de la demande (consommation).
Ainsi on observe généralement des fluctuations selon la période de campagne : lorsque l’offre est peu présente ,les prix sont plus élevés, puis quand les volumes deviennent plus abondants, ils entraînent alors une baisse des prix. L’oignon n’échappe pas à cette règle.
Ornella PARAISO
Site www.lafriqueenmarche.info du 16 mai 2022 No 176

Bénédicte DEGBEY

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