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Maroc/Entente sur prix : Total et autres, la main dans le sac

Maroc/Entente sur prix : Total et autres, la main dans le sac

Le Conseil de la concurrence du secteur des hydrocarbures du Maroc a sanctionné des sociétés pétrolières pour: « Entente sur les prix du carburant». Au ban des accusés, il y a Total et huit autres.

La française « TotalEnergie »; « Afriquia Maroc » ( dont le propriétaire n’est autre que l’actuel 1er ministre marocain, Azziz Akhannouch) et l’anglo-néerlandais « Vivo Energy » (Shell) et six autres sont accusées par le Conseil de la concurrence, l’instance faîtière de régulation du secteur pétrolier au Maroc et qui est présidé par Ahmed Rahhou.

Ledit Conseil a publié le 23 novembre dernier, un rapport accablant contre neuf sociétés. De ce rapport, il ressort que sur le dossier très sensible de l’entente sur les prix du carburant, les faits reprochés à neuf sociétés sont avérés.

Mieux, le Comité de la concurrence a constaté et déploré le non-respect d’engagements comportementaux pour améliorer le fonctionnement dudit secteur.

En outre, le même Conseil fait le constat de la violation de garde-fours par ces entreprises opérant dans ledit secteur depuis l’approvisionnement à la distribution de l’essence et du gasoil en passant par le stockage,

Au regard des faits délictueux avérés, le Conseil de la concurrence a infligé aux contrevenants, une amende transactionnelle de 160 millions d’euros.

      RÉACTIONS 

Contre toute attente, des voix s’élèvent pour dénoncer cette décision à la petite semelle, car n’étant pas à la hauteur des préjudices.

En effet, selon les textes qui régissent le secteur des hydrocarbures, en cas de manquements, il faut infliger aux contrevenants, une amende de 9%. Ce qui est loin d’être le cas quand avec cette amende minorée de 160 millions d’euros.

Selon les chiffres rendus publics par les spécialistes du secteur hydrocarbures au Maroc, ce secteur a permis aux sociétés d’engranger 635 millions d’euros depuis la libéralisation de ce pan d’activité.

Les mêmes spécialistes donnent des détails compromettants pour les trois sociétés ci-dessus citées quand on sait qu’elles sont dans une position oligopolitique avec un monopole de 60%.

Pour d’autres très critiques suite à cette décision d’amende trop clémente, la présence de la société du 1er ministre pourrait expliquer un élément important d’appréciation.

Pour rappel, avant les amendes, les proches du chef de gouvernement marocain n’ont cessé de parler de : « Propos mensongers et d’accusations graves sans fondement…».

Leur hardiesse à défendre leur leader a-t-elle payé ?

Lamrouche Achtar

Site www.lafriqueenmarche.info du 28 novembre 2023 No 539

Bénédicte DEGBEY

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