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Jérôme Carlos : un ex exilé. Pourquoi? L’Editorial de Titus FOLLY

Jérôme Carlos : un ex exilé. Pourquoi?   L’Editorial de Titus FOLLY

Par la force des choses, en juin 1975, Jérôme Carlos s’est finalement résolu à quitter clandestinement Cotonou pour s’exiler en Côte d’Ivoire. Loin des ruisseaux des chagrins de cette période révolutionnaire, revisitons dans l’exercice de L’Editorial du jour, l’almanach pour en tirer des leçons.

A l’heure des changements climatiques, je dis comme le pape François : « Notre nature s’écroule.».Préservons-la donc.

En juin 1975, feu capitaine Michel Aïkpé l’un des mohicans du coup d’Etat du 26 octobre 1972 et membre du GMR a été assassiné.

Les meurtriers du célèbre officier et illustre paracommando de l’armée à l’époque ont teinté ce crime par un narratif grossier dans un scénario funeste : « Surpris en flagrant délit d’adultère avec l’épouse de…».

Après ce crime, Abomey a connu des émeutes. La cité royale a refusé de cautionner cet assassinat. Un couvre-feu a été déployé à Abomey. Des chars de l’armée ont été déployés à Abomey pour endiguer la constatation suite à la mort de l’illustre officier dont les prouesses en exercice militaire n’avaient pas de concurrents.

JÉRÔME CARLOS POUR…

Ceux qui ont commis ce crime ont tenté de recourir aux fulgurances du sémillant Jérôme Carlos dont le style scintillant d’écriture rayonnait déjà en ce moment sur notre pays.

Pour son éducation, ses principes de vie et pour sa rigueur professionnelle, Jérôme Carlos refusa de jouer ce rôle de maquilleur médiatique de ce crime politique odieux.

Alors, la « Révolution » a décidé de lancer ses sangliers dans l’ouche de ce jeune intellectuel très indépendant d’esprit.

Après son refus de cautionner ce crime, dans ce contexte politique crucial où la « Révolution » identifiait : « Les réactionnaires et les valets locaux de l’impérialisme.». Jérôme Carlos a dû quitter clandestinement Cotonou pour sauver sa peau.

Jérôme Carlos, l’ex pensionnaire du Lycée Béhanzin, qui maîtrise bien les encablures de Porto-Novo et ses exutoires avec le Nigéria ( commune d’Adjarra, Malahoui, Ponton…), a réussi son coup.

Avec plus d’un tour dans son sac, il déjoua tous les services spéciaux de traque des révolutionnaires d’alors pour s’éclipser et rejoindre le Nigéria.

En parvenant à quitter le pays, il a évité le goulag de Ségbana, de Dodja et autres lieux réputés de torture essaimés dans le pays durant la  » Révolution ».

Au-delà, sans hyperbole, la potence n’était pas à un scénario à exclure. Les meurtriers politiques avaient compris que Jérôme Carlos connait trop les dessous de cartes de ce dossier de meurtre à ne pas ébruiter.

HÉRITAGE POUR LA PRESSE ET LES AUTRES

A cette étape, Jérôme Carlos nous laisse en héritage (nous professionnels des médias), sa rigueur professionnelle. Refuser de mettre sa plume au service des forts doit être davantage un principe sacro-saint pour nous.

Quant à ses autres compatriotes qui exécutent les basses oeuvres dans l’administration ou la classe politique, il urge qu’ils cessent la trahison des clercs. Les éléments réducteurs d’analyse qui priment et qui ne sont malheureusement pas utiles à notre vivre-ensemble doivent donc cesser pour l’avenir de la Nation.

Site www.lafriqueenmarche.info du 24 janvier 2024 No 577

« La vie est belle. Et chaque jour est une vie. Prenons-la du bon côté et demain, il fera beau sur la grande route.».

Bénédicte DEGBEY

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