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Football: entre pouvoir et « magie » « KILIMANDJARO » votre Editorial

Football: entre pouvoir et « magie » « KILIMANDJARO » votre Editorial

Sylvestre WA DONDO chroniqueur sportif à Bruxelles à titre exceptionnel pour la fin de la Can.

La finale de la Can a connu hier soir à Abidjan son épilogue. Le nouveau détenteur du sacre africain est connu. Il s’agit de la Côte d’Ivoire dont les « Éléphants » ont apprivoisé les « Super Eagles » du Nigeria. Au-delà de cette victoire, le football (sport-roi) dans le monde et en Afrique ne permet-il pas d’obtenir des résultats éblouissants contrairement à d’autres secteurs?

Il y a des leçons à retenir après cette finale de la Can remportée par la Côte d’Ivoire sur le Nigérian (2-1). Et pour vous faire toucher du doigt le poids du football, même si comparaison n’est pas raison, le sport-roi fait bouger les lignes.

A la fin de 2023 en Côte d’Ivoire, les prix de l’électricité domestique ont flambé. Malgré les protestations d’associations de consommateurs et des Ivoiriens, les autorités ivoiriennes n’ont pas bougé.

Quelques jours après le début de la Can, au regard de la mauvaise prestation du team national, la pression populaire a réclamé la tête du coach national, Jean-Louis Gasset. Celui-ci a été démis de ses fonctions sous la pression populaire.

Ce qui n’a pas été possible pour l’électricité l’est pour le foot. « A tout Seigneur, tout honneur.», dit l’adage. Qui peut encore douter que le sport-roi a un pouvoir, une magie?

En effet, avec cette victoire ivoirienne, il faut que les peuples africains croire en leurs rêves et qu’ils s’en donnent les moyens pour sa concrétisation.

RELEVER LES DÉFIS

La satisfaction bruyante de la victoire ivoirienne est loin d’être perçue comme un naïf chauvinisme sportif. En effet, des cortèges enthousiastes qui ont parcouru les rues d’Abidjan, Bouaké, Yamoussoukro…au coup de sifflet de la finale de la Can découlent d’un état d’esprit: celui de la pression populaire.

En cours de compétition, surtout après le cinglante défaite (4-0) face à la Guinée Equatoriale, la Côte d’Ivoire a compris qu’elle s’est trompée.

L’opinion publique
encombrait les rues, les terrasses et les cafés pour mettre la pression et demander des changements notables à la tête du team national. Et en plein tournoi, les dirigeants ivoiriens ont consenti à accepter la volonté nationale. Le coach Jean-Louis Gasset a été démis de ses fonctions. On y parlait de déroute et d’humiliation. Et quand les rênes de l’équipe ont été confiées à son intérimaire, Emerse Fae, on a vu aujourd’hui les résultats. On parle de triomphe, de revanche et d’honneur national.

Dans le cas ivoirien, c’est que la satisfaction bruyante ne découle pas d’un naïf chauvinisme sportif, mais d’une pression populaire efficace et de la capacité des autorités compétentes à rectifier le tir.

En football ou ailleurs, que la pression populaire permette aux peuples africains de mettre en branle une dynamique pour unir et coaliser pour la plus belle histoire possible comme la victoire de la Côte d’Ivoire le 11 février 2024.

Site www.lafriqueenmarche.info du 12 février 2024 No 595

Bénédicte DEGBEY

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