FMI: Ghana, un gilet de sauvetage à trois milliards $

Le Ghana pour faire face à la crise économique a dû enfiler un gilet de sauvetage du FMI. A la rescousse, l’institution internationale a commencé par débloquer trois milliards de dollars US. Le Ghana n’avait pas le choix.
« Fournir un soutien à la balance des paiements pour accélérer le redressement du Ghana face aux défis induits par la crise de Covid-19 et récemment la crise Russie-Ukraine.», précise le communiqué de l’institution internationale repris par les sources officielles à Accra.
En effet, le Ghana de Nana Addo après tant de tergiversations a consenti en juillet 2022 un prêt de trois milliards de $ auprès du FMI présidée par Kristalina Georgieva. Le 14 mai dernier, le Ghana a donné des garanties et le 17 mai passé, le FMI a débloqué une première tranche de 600 millions de $.

« Compte tenu de la situation dans laquelle nous nous trouvons, le Ghana n’avait pas d’autres choix. », a déclaré John Kwakye directeur de recherche à Accra.

Avec le prêt du FMI, le Ghana s’offre une marge de manœuvre pour mettre en branle des réformes impérieuses. Il ne peut en être autrement, car les vulnérabilités du Ghana en matière de fiscalité et de dette se sont aggravées rapidement dans un environnement extérieur de plus en plus difficile (contexte post Covid-19 et effets induits de la guerre en Ukraine).
AU MÂT…
« L’effet immédiat de cette 1ère enveloppe du FMI, c’est que le Cedi, la monnaie locale ( la monnaie africaine qui a le plus dégringolé en 2022 sur le continent noir (40%), a retrouvé une embellie de 12 % en quelques jours. Un exemple palpable, l’an passé, au comble de la crise, ceux qui venaient de Lomé (Togo) avec 1000 F.CFA avaient 8000 Cedi en échange. Depuis quelques jours, la tendance s’inverse peu à peu avec 1000 F.CFA pour 1800 Cedi.», explique Koudous Djakia, l’un des cambistes de la place.
En décryptant cette actualité :«Le Ghana qui avait perdu la confiance des investisseurs étrangers aura également de nouvelles ressources pour combler le poids de la dette (près de 80% du PIB du Ghana).», analyse Robert AKotoka, un macroéconomiste de son État.
Il n’a pas manqué de rappeler l’incapacité de son pays l’an passé à trouver des financements. « Le Ghana a dû réduire son projet d’emprunter 750 millions de USD auprès des banques internationales en raison de la flambée des coûts d’emprunts. Ce qui démontre à plus d’un titre que le pays a perdu la confiance des investisseurs étrangers. Finalement, le gouvernement a pu difficilement trouver pour financer ses besoins budgétaires, 250 millions $ pour 8,4 % de taux d’intérêt …», conclut l’expert. …
LE DRAPEAU DE LA CRISE
Dans les milieux syndicaux, en dépit de ce prêt du FMI: « On attend pour apprécier dans sa globalité. Il faut surtout attendre de voir les garanties données par le gouvernement pour gérer convenablement les fonds décaissés…», déclare l’un des leaders du syndicat TUC dirigé par Yaw Baah qui en est son secrétaire général.

SUR LE VERSANT POLITIQUE
Ces 1ers versements du FMI sont diversement analysés dans la classe politique ghanéenne surtout à la veille de la présidentielle du 7 décembre 2024 entre le NPP de Nana Addo au pouvoir et le NDC de John Dramani Mahama de l’opposition. Si celui-ci a eu il y a quelques jours, l’onction de son parti, on attend de connaitre la tête de pont du parti aux commandes de l’État ghanéen.
« Les élections de 2024 seront difficiles pour le NPP au pouvoir.», tranche le cabinet « Eurasia group », un cercle de réflexions basé à Accra.
En attendant les urnes, la rigueur budgétaire est la contrepartie de cette 18 ème aide du FMI au Ghana depuis son indépendance en 1957.
Titus FOLLY de retour d’Accra avec la collaboration Kweshi Lamptey.
Site www.lafriqueenmarche.info du 22 mai 2023 No 419