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Échos de la Marina pour Madougou et Aïvo L’Editorial de Titus FOLLY

Échos de la Marina pour Madougou et Aïvo              L’Editorial de Titus FOLLY

Boni Yayi doit rencontrer Patrice Talon. Combien de rencontres faudrait-il encore pour desserrer les barbelés des cellules de Madougou et de Aïvo ? Analyse dans l’exercice de L’Editorial du jour.

A l’heure des changements climatiques, je dis comme le pape François : « Notre nature s’écroule.».Préservons-la donc.

Patrice Talon et Boni Yayi vont encore échanger pour la énième fois. Objectif, éviter que notre démocratie ne soit pas un bateau charbonnier qui prend la mer. Quand les deux hommes d’Etat doivent se rencontrer, au-delà des autres scléroses et lézardes de notre renouveau démocratique, la situation carcérale de Madougou et de Aïvo va toujours interpeller le Bénin.

COMPRENDRE…

Et comme par le passé, Boni Yayi va encore plaider leur libération. En vérité, combien de rencontres faudrait-il pour libérer les prisonniers politiques ?

En effet, au nom de la maximisation de leur utilité individuelle, le sort de Madougou, Aïvo et les autres a toujours figuré au menu des audiences entre Talon et ses prédécesseurs.

Nicéphore Soglo a quitté le lit à l’hôpital américain pour un aller/retour Paris-Cotonou-Paris au nom des prisonniers.

Et même Patrice Talon a su consentir d’efforts à un moment donné (il faut le lui reconnaître). Pour mémoire, il s’est rendu par deux fois chez son aîné dans le magistère, Nicéphore Soglo à la Haie vive pour parler en autres de la situation des prisonniers politiques.

Cependant, pour le moment, le compte n’est pas bon. Le sort des embastillés n’a pas évolué et tend à offrir un équivalent ordinal de préférences.

A ma question : « Combien de rencontres faudrait-il..», on attend de voir si cette fois-ci, dans l’ordre des impératifs de calendrier depuis les procès de décembre 2021, si les annales peuvent enfin retenir une date.

En attendant, on va se contenter de la réponse de Boni Yayi au terme de sa 1ere audience avec Patrice Talon : « J’ai proposé, mais c’est le Président de la République qui décide…». Dans l’assertion de cet entendement, c’est ce qu’on appelle « Le sifflet du suzerain ».

A ce scepticisme d’autant plus réel, on voit aussi le sens d’enjeux et celui de l’ingénieuse contrefaçon des caudataires de la mouvance présidentielle au Parlement. Il suffit d’apprécier sous toutes les coutures, le cirque ou la mise en scène de la Loi ou la proposition de Loi d’amnistie.

…LE SENS DE L’INDEX

Il a fallu la récente dénonciation du parti « Les Démocrates » pour permettre à l’opinion de comprendre que la libération des prisonniers politiques reste clairement dans la politique de la tourbe et des semailles démagogiques.

Si on ne veut pas libérer les prisonniers politiques, que les enchères négociées (comme l’audit de la liste électorale) soient au moins à efficacité réelle

Il faut faire en sorte que les tournants de la présidentielle de 2021 avec son cortège d’incarcérations nous évite de nouveaux tourments en 2026.

Que le chant républicain retentisse au Palais de la Marina et que les circonstances arrondies contre le pelage de la démocratie marquent le pas.

La décrispation doit passer par des actes. Et en la matière, seul le timonier de la « Rupture » a le dernier mot. On attend donc Patrice Talon.

Site www.lafriqueenmarche.info du 28 novembre 2023 No 538

« La vie est belle. Et chaque jour est une vie. Prenons-la du bon côté et demain, il fera beau sur la grande route.».

Bénédicte DEGBEY

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