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De Tshisekedi à Assoumani La Chronique internationale de Murielle MENSAH

De Tshisekedi à Assoumani La Chronique internationale de Murielle MENSAH

Félix Tshisekedi a été investi le 20 janvier dernier pour son 2 ème mandat. Alors que le Congolais a maîtrisé les cartes chez lui, son homologue Azali Assoumani des Comores est confronté à une grisaille. Peut-il tirer son épingle du jeu ?

Félix Tshisekedi a organisé une grandiose cérémonie d’investiture. Sur les versants des résultats électoraux, il profite de la palette des statistiques qui lui permet d’asseoir son hégémonie à l’interne et d’afficher son écran à l’international.

En effet, face aux critiques acerbes de l’opposition et de l’église catholique qui continuent de parler de faits peu glorieux et de scrutin chaotique, Félix Tshisekedi n’en a que cure. Il a mis les petits plats dans les grands pour faire déplacer une vingtaine de ses pairs à Kinshasa.

Au-delà des annonces de son plan quinquennal, il faut saluer l’élan de sa prochaine gouvernance démocratique.

En effet, Félix Tshisekedi a promis une main tendue à l’endroit de l’opposition démocratique. Le président Tshisekedi est convaincu de la tolérance. Il a compris l’importance de quitter les oripeaux de la rhétorique d’un scrutin désormais derrière lui.

En faisant cette option, Félix Tshisekedi joue stratège. En effet, confronté à une guerre imposée par Paul Kagamé à son pays, le président congolais ne peut se permettre de combattre à la fois son opposition démocratique et les groupes armés soutenus par le Rwanda.

AZALI : FORTUNE DIVERSE

Si Félix Tshisekedi récite sa puissance du 2 ème mandat avec aisance, ce n’est pas le cas de Azali Assoumani des Comores

Dans la pragmatique du lendemain du scrutin présidentiel, le président comorien a été surpris par la posture contestataire des jeunes.

A leur propre initiative, loin des consignes de l’opposition démocratique, les jeunes ont lancé de manière inattendue la désobéissance. Cette dernière découle des dénonciations de tripatouillages au terme d’un scrutin truqué.

Le pouvoir de Assoumani a répondu à la montée de sang des patriotes de la part des jeunes.

Après son clonage de la Constitution pour rester au pouvoir jusqu’en 2029, il urge qu’il tire des leçons de cette période trouble.

PRÉSIDENT DE L’UA

Ce contexte détestable aux Comores nuit au statut de président de l’Union africaine, un poste qui incombe actuellement à Azali Assoumani.

Quand le président de l’UA est dénoncé par un activisme républicain pour triche électorale, n’a-t-on pas touché le fond ?

Site www.lafriqueenmarche.info du 22 janvier 2024 No 575

Bénédicte DEGBEY

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