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Dans les « plantations » de Buhari L’Editorial de Titus FOLLY

Dans les « plantations » de Buhari           L’Editorial de Titus FOLLY

Muhammadu Buhari quitte l’Aso Rock et laisse les rênes du pouvoir à Bola Tinubu ce matin. Au terme de ses deux mandats que retiendra-t-on entre fin de parcours décevant ou enrichissant ? Analyse dans l’exercice de L’Editorial du jour.

Au bout du rouleau, on a du mal à mettre Mohammadu Buhari dans la catégorie de leaders à la joie impérissable, car son bilan est maigre. Au décompte, on a les supplices de sa gouvernance. Il laisse par exemple un pays écumé par l’insécurité jihadiste et la capacité de nuisance des cellules du grand banditisme.

AU BILAN…

Sur le premier front officie « Boko Haram » qui continue de remplir ses pages avec atrocité. Quant au grand banditisme, les cellules actives écrivent leurs chapitres avec cynisme entre enlèvements contre rançons.

A tout ceci, il faut ajouter la course-poursuite récurrente entre éleveurs et paysans agricoles pour le contrôle de ressources naturelles vitales pour les protagonistes. Il y a 10 jours à peine, le dernier drame de la longue série a fait une centaine de morts.

Avec ses faits saillants, l’officier supérieur de l’armée nigériane a déçu. En 2015 quand il allait à la conquête du pouvoir au nom de l’APC, que d’espoirs nourris par son peuple ? En effet, Muhammadu Buhari a été un jeune officier à succès de l’armée nationale durant la guerre de Biafra en 1970. Comme les héros Murtala et Obasanjo, Buhari appartenait aussi au camp de l’intégralité territoriale du Nigeria contrairement aux velléités séparatistes.

Mieux, ses compatriotes au regard de son passé de chef d’Etat durant la décennie 1980 après un coup d’Etat avaient cru que Buhari était la meilleure garantie contre le terrorisme islamique. Malheureusement, son bilan n’est pas à la hauteur des attentes.

Sur le plan économique, le Nigeria a perdu son tableau incrusté de diamant en ce qui concerne le rang de No 1 de pétrole en Afrique. Désormais, l’Angola est à l’affiche et ne compte pas céder ce titre prestigieux.

Les Nigérians garderont le souvenir indélébile du cercle infernal des nouveaux billets de Naira. Lors de la pénurie de ces derniers, « Cash Lest » disent les Nigérians, le pays a failli toucher le fond….

DES DISCOURS

Cependant, la joie trouve grâce pour Mohammadu Buhari avec quelques actes majeurs. A la collection de ses rares trophées, il y a son parapluie pour un heureux aboutissement de la raffinerie « Dangote ». C’était le 22 mai dernier. Au-delà de la raffinerie de Lekki, Buhari n’a rien fait pour torpiller Aliko Dangote. Dans la vision de cet « oligarque » africain, tous ses multiples secteurs comme le ciment, le riz et les engrais se déroulent sans encombres.

Ni rusé, ni complexé par une vision messianique du 3 ème mandat, il faut saluer Buhari pour le passage à témoin à Bola Tinubu ce jour.

A l’heure du départ, l’histoire retiendra que Mohammadu Buhari a contribué à donner un sens à l’humanité démocratique en Afrique. Ne pas tenter de répandre juste une poignée de cendres avant de partir est un acte à saluer, car Il y a une vie après le pouvoir.

Site www.lafriqueenmarche.info du 29 mai 2023 No 423

« La vie est belle. Et chaque jour est une vie. Prenons-là du bon côté et demain, il fera beau sur la grande route.».

Bénédicte DEGBEY

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