L'afrique en marche

Dakar/Abidjan/Cotonou : supermarchés comme de l’aimant

Dakar/Abidjan/Cotonou : supermarchés comme de l’aimant

Les structures traditionnelles de distribution dans nos localités cherchent de plus en plus désespérément clients. Au même moment, les surfaces de grande distribution comme les supermarchés ne se désemplissent.

« C’est la fin du mois. Je suis venue faire ma course comme d’habitude le dernier samedi du mois…», dit Fatou en service dans une organisation internationale rencontrée au parking du supermarché « Auchan » Mermoz à Dakar.

Quand elle déposait les articles dans le coffre de sa rutilante voiture, à notre question de savoir combien a-t-elle dépensé pour cette course mensuelle, elle marque un arrêt. Elle finit par dire : « Près de 700.000 F.CFA.». A la question de savoir si elle habite le quartier, elle laisse entendre qu’elle est à 15 km dudit supermarché.

DES KILOMÈTRES POUR..

C’est le constat général à Dakar. Les gens font des kilomètres pour fréquenter les supermarchés comme « Auchan » Sacré cœur, supermarché « Souka »…

A l’instar de Dakar, à Abidjan, Cotonou, Kinshasa…les supermarchés ne sont plus en marge. Ils ont de plus en plus pion sur rue dans les capitales africaines.

A Cotonou par exemple, « Erevan », « Franc-prix’, « Mont Sinaï »…sont connus de tous. A Abidjan, dans la galaxie des supermarchés, on retrouve « Casino », « Super U », Cash Center »…. De tous les supermarchés sur le continent, il y a en Afrique du Sud, « Shoprite ». Il faut souligner que par sa grandeur d’esprit, c’est la championne d’Afrique.

« Les grandes surfaces ont de plus en plus de l’audience chez le consommateur africain.», analyse Siradou Fall, un sociologue sénégalais.

« Au détriment des boutiques du quartier, des magasins des asiatiques et des épiciers libanais, les consommateurs sont attirés avec un effet aimant vers les supermarchés. Tout le monde y va pour ne pas être en retard sur la tendance de l’heure.», insiste-t-il encore. « Mieux, les supermarchés se démocratisent en Afrique à une vitesse V face à la distribution traditionnelle.», martèle-t-il encore.

…SE RAVITAILLER

«Et par le verbe « se démocratiser » on voit tout le sens du mot sans effet de mode, et ce en dépit des grandes centralités urbaines.», dit-il pour conclure..

Pour l’Ivoirien Ibouran Salif, consultant en chaîne de valeur : « Tous les segments progressent régulièrement sur le continent. Les grandes enseignes proposent la vente en détails et en libre-service.».

Il explique encore : « Tout porte à croire que la grande distribution nait en réponse à l’évolution de la consommation. Pour cela, les gens préfèrent parcourir des kilomètres pour rejoindre leur supermarché de choix et assouvir leur soif de nouveautés et d’habitude qu’il s’agisse de la distribution alimentaire ou de la distribution spécialisée.».

« Avec les besoins économiques de la classe moyenne qui se développent en Afrique, les consommateurs ont de plus grandes attendes de la part de la distribution alimentaire. Il se fait que les grands groupes de distribution ont également plus facilement accès aux différents marchés mondiaux d’approvisionnement. », dit-il pour conclure.

Pour rappel, les formats de la grande distribution alimentaire se composent de quatre principaux types. Il s’agit des hypermarchés, des supermarchés, des « discounters » ( le format est désormais rebaptisé: « supermarchés à dominante marques propres » ou SDPM) et les drives.

Les supermarchés par exemple ont une surface de vente en libre-service entre 400 et 2 500 m2, assortiment comptant de 3 000 à 5 000 références, 500 à 1 500 références de produits non alimentaires sans oublier que plus des 2/3 du chiffre d’affaires proviennent de l’alimentation générale.

Olga HOUEVI avec la collaboration de Blanchard LAWSON correspondant au Sénégal.

Site www.lafriqueenmarche.info du 6 novembre 2023 No 525

Bénédicte DEGBEY

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