L'afrique en marche

CEDEAO/Sommet Abuja : dossier « Niger », trois options pour Tinubu

CEDEAO/Sommet Abuja : dossier « Niger », trois options pour Tinubu

La CEDEAO va se réunir à Abuja le 10 décembre prochain sous l’égide de Bola Tinubu, président du Nigeria et de la CEDEAO. La levée ou non des sanctions économiques imposées au Niger sera à l’ordre du jour. Que fera le président Tinubu?

Entre maintien, allègement ou levée totale du blocus économique du Niger, Bola Tinubu a un choix cornélien à faire.

La crise qui découle du putsch du 26 juillet dernier connaitra-t-elle un dénouement ou un statu-quo à Abuja entre les durs (qui préconisent le maintien des sanctions économiques drastiques) et les modérés (qui appellent à sa levée ou à son allègement)?

En effet, le président du Nigeria va accueillir le sommet de la CEDEAO avec le dossier « Niger » en priorité après le coup d’Etat du 26 juillet dernier. Aux dernières nouvelles et selon nos informations recueillies ici à Abuja, les trois options seront défendues à corps émoulu par chaque camp.

1ER CAS DE FIGURE

Dans les arcanes de l’organisation sous-régionale, il y a la ligne des « durs » incarnée par certains présidents de l’organisation dont Bola Tinubu. Celui-ci a appliqué à la lettre les sanctions contre le Niger même s’il a infléchi sa position en ce qui concerne l’intervention militaire sous la pression des grands électeurs et têtes couronnées du Nigeria.

Cette ligne des « durs » continuerait d’oeuvrer pour le maintien des sanctions économiques fermes contre le Niger quatre mois après l’avènement de la junte.

2 EME CAS de FIGURE

L’autre camp, c’est celui des chefs d’Etat enclins à une fin des sanctions. Ce camp est sous le parapluie de Faure Gnassingbé du Togo. Ce n’est par un simple hasard si le général Tiani de la junte au Niger, s’est dépêché à Lomé pour aller voir Faire Gnassingbé ( le « jeune doyen » comme l’appellent ses autres homologues), à 48 h du sommet d’Abuja.

En effet, la voix de Faure Gnassingbé compte dans la sous-région, car il est le plus ancien au pouvoir dans l’espace CEDEAO. Il travaille à la levée totale des sanctions à défaut, son allègement.

Aux dernières nouvelles, dans les mallettes de Faure Gnassingbé, il y a la libération de Mohamed Bazoum, le président déchu.

DESSOUS DE CARTES

Cependant, les proches de Bazoum décrient le plan de Faure Gnassingbé. « Il ne faut pas libérer Bazoum contre la levée des sanctions. Le faire ainsi, c’est entériner une Transition.», soulignent les soutiens du président renversé.

Pour eux, une Transition sera une caution pour entériner définitivement le coup d’Etat.

Il faut donc convaincre les réticents pro/Bazoum qui rejettent toute Transition. Il faut les convaincre d’accepter la libération du président déchu (détenu depuis plus de quatre mois dans des conditions difficiles) contre une levée des sanctions.

Faure Gnassingbé parviendrait-il à ses fins face à Bola Tinubu et les autres?

Entre les sceptiques et les optimistes, les observateurs avisés ici à Abuja jurent qu’il y a un avantage psychologique pour le camp des modérés sous la coupole du président togolais depuis quelques jours au regard des derniers gestes d’ouverture de la CEDEAO par rapport aux trois pays sahéliens en transition.

La subvention d’une valeur de 1,9 million de dollars US de la part de la CEDEAO au Mali, Burkina et Niger pour lutter contre les groupes armés opérant au Sahel pourrait être inscrit à cet agenda.

Mieux, le Burkina aura droit à un bonus supplémentaire d’un million de dollars US pour faire face aux déplacés internes.

Peut-on inscrire tout ce contexte de signes avant-coureur dans une logique de décrispation? On attend de voir.

Wilfried GBEKAN correspondant au Nigeria depuis Abuja

Site www.lafriqueenmarche.info du 9 décembre 2023 No 546

Bénédicte DEGBEY

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.