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Bananier qui rapporte à 100%: avec des films- documentaires témoins

Bananier qui rapporte à 100%: avec des films- documentaires témoins

Des médias s’intéressent de plus en plus aux filières agricoles au Bénin. C’est le cas de la filière bananes. Ainsi, des films-documentaires, témoins du bananier qui rapporte à 100% ont été réalisés.

BBTV-Mitigation Bénin (Banana Bunchy Top Virus) a conduit des travaux et mené, pendant une dizaine d’années, des activités de relance et de développement de la filière banane-plantain au Bénin. Documentées sous divers autres formats et supports, ces activités ont été produites et projetées à l’écran de Canal 3 Télévision. C’était le 13 janvier dernier.

Pendant les longues années (2014-2023) de son fonctionnement sur le terrain, BBTV-Mitigation Bénin a eu droit au service des médias. Des radios, TV, journaux et Web radio… de proximité, du secteur privé comme du service public ont montré leur intérêt et curiosité.

De leurs publications et diffusions, ils ont inondé les zones d’intervention du projet (Adjarra, Akpro-Missérété, Sakété, Dangbo, Houéyogbé et Sè) et, au-delà (Cotonou, Porto-Novo, Lokossa, Abomey, Bohicon, Dassa-Zoumé…).

Reportages, comptes rendus, interviews, débats… ont meublé leurs colonnes et la grille de leurs programmes relatifs aux activités et aux acteurs de la filière (paysans-producteurs, ingénieurs agronomes, enseignants-chercheurs, étudiants…).

Beaucoup de thèmes vus sous différents angles y ont été traités: itinéraire technique, sensibilisation-
mobilisation, démonstration et éradication, fertilisation, installation de champs-écoles, transformation, irrigation, création d’entreprises et de coopératives etc.

DES PROFESSIONNELS AU RENDEZ-VOUS, CAMERAS AU POING

Hormis les plateaux-télés et les émissions radios au format XXL, des micro-programmes sont réalisés.

Au menu de la stratégie de communication mise en place à cet effet, deux films-documentaires de durées relativement longues se sont préoccupés d’immortaliser presqu’en grandeur nature, les acteurs de la filière en action, tout au long de la vie du projet. De formats 26 mn et 13 mn, ils sont sortis du studio de production dénommé « AgricNetMedia », en cours de lancement.

Diffusés sur Canal 3 Bénin, il y a quelques jours et sur le réseau social Youtube, ces documentaires font un tabac dans leur catégorie, au plan national, où ils ont déjà battu des records de vus.

https://youtu.be/UikQcAjSxCM
https://youtu.be/ok9EdJdeKtI

Ils y sont retracés les efforts consentis, lesquels faissent apprécier la qualité et le niveau atteints des objectifs de relance de la production de la banane et du plantain.

Comme celle du palmier à l’huile, la filière reste très rentable, pour peu que les bonnes pratiques culturales et d’investissement avec efficience soient disponibles et mises en oeuvre dans les règles de l’art. De nombreuses contraintes sont à lever -dont les maladies- pour permettre aux producteurs de tirer leur épingle du jeu.

BBTV-Mitigation Bénin s’était engagée à contribuer aux bons rendements et à rendre aux acteurs de la filière le fruit de leur labeur.
Cultures d’importance et nourritures de base de millions de populations, en Afrique au sud du Sahara, le bananier et le plantain se mouraient à petit feu. Il fallait donc éradiquer la maladie du bouquet du bananier. Cet objectif a été globalement atteint, au Bénin, au bout de 5 saisons de mise en œuvre du projet.

Vu l’intérêt des producteurs à reconsidérer cette culture pourvoyeuse de cash et de bien-être, les bailleurs, sous la conduite de Dr John Thomas de l’Université de Queensland en Australie, ont consenti de rendre plus éclatants les succès obtenus lors de la phase-pilote du projet. Ils décident d’enchaîner une deuxième phase qui active toute la chaine des valeurs.

L’«Alliance Mondiale contre le Bunchy Top des Bananiers» rallonge la durée de vie de BBTV-Mitigation Bénin par un financement complémentaire. Une nouvelle approche est définie qui fait découvrir le bananier sous un jour nouveau permettant de l’exploiter à 100%, à l’instar du palmier à huile.

RIEN À JETER DU FAUX-TRONC

La technologie consistant à faire usage du faux-tronc du bananier fait ainsi son entrée dans les mœurs du pays.

A l’Ecole des Sciences et Techniques de Conservation et de Transformation des Produits agricoles de l’Université nationale d’agriculture du Bénin à Sakété, des ateliers de démonstrations sont installés pour éprouver ladite technologie.

A l’occasion, chacun a pu vérifier que c’était loin d’être du bluff. Aussi, l’affaire va-t-elle agiter le monde paysan, changer la donne et relancer l’intérêt des producteurs locaux vis-à-vis de la spéculation, jusque-là tant recherchée que pour ses fruits seuls.


Le blason de cette culture allait être redoré afin d’éviter aux producteurs locaux de s’en éloigner, eux qui commençaient à la délaisser, en raison des dégâts que lui cause la maladie dite du BBTV (bouquet du bananier).

Les spécialistes sont formels: désormais, le pseudo-tronc ou faux-tronc n’est plus à jeter et les paysans-producteurs pourront s’enrichir en le transformant de différentes façons, en fonction de différents usages.

Sur le plan nutritionnel, il est directement comestible et il sert à apprêter une gamme variée de mets de différentes saveurs.
On peut également fabriquer des objets, tels que chaussures, corbeilles, mèches de cheveux, sacs, nattes, nappes de table, papier de nature écolo…

De l’aveu même des paysans-producteurs, BBTV-Mitigation Bénin compte parmi les projets ayant impacté leur vie, tout en assurant la pérennisation de ses acquis. Les témoignages enregistrés ainsi que les perspectives qui s’offrent à la filière au Bénin rendent compte de la situation. La preuve de la bonne santé de cette production, suite à l’exécution du projet, restent et demeurent ces va-et-vient incessants, lors de leur transport, à travers les rues des grandes agglomérations, des récoltes de bananes et de bananes plantains surchargeant divers moyens roulants (camionnettes, motocyclettes, charettes, tricycles…).

Piloté par l’Université Nationale d’Agriculture du Bénin (UNA), ce projet peut se targuer de figurer, en bonne place, au palmarès des projets à succès. Et c’est en toute connaissance de cause que le recteur de l’UNA, le Professeur Bruno Agossou Djossa, déclare que: «C’est pour cette raison que les communautés qui pratiquent cette culture se ruent derrière la dame qui porte ce projet-là»; allusion faite au leadership affirmé de la coordonnatrice pays de BBTV-Mitigation, la Professeure Martine Zandjanakou-Tachin, phytopathologiste moléculaire des plantes à l’UNA

Site www.lafriqueenmarche.info du 4 février 2024 No 586

Bénédicte DEGBEY

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